Jessica Lawson, Ph. D., coordinatrice de la recherche, et Alicia Tone, Ph. D., directrice de la recherche, Cancer de l’ovaire Canada
Avant de prendre le chemin du laboratoire et de se traduire en percées révolutionnaires, les idées à la source des découvertes scientifiques naissent souvent dans des salles de conférence.
C’est là que les chercheurs collaborent, débattent et se remettent en question. Que les médecins présentent ce qu’ils observent dans leurs hôpitaux et leurs cliniques. Que les patientes posent des questions forgées par leur expérience. Que de nouvelles idées prennent forme. C’est exactement ce qui s’est produit lors de la dernière édition de la Conférence canadienne de recherche sur le cancer de l’ovaire.
Coprésentée par Cancer de l’ovaire Canada (COC) et la Gynecologic Cancer Initiative, la conférence a rassemblé près de 300 chercheurs, cliniciens, stagiaires, patientes partenaires et autres personnes touchées par la maladie provenant du Canada et du monde entier. Ensemble, ils ont fait état des dernières percées de la recherche, débattu d’idées, développé des collaborations et discuté des découvertes de prochaine génération qui propulseront notre connaissance de la maladie.
Force est de constater que la recherche sur le cancer de l’ovaire connaît actuellement un élan sans précédent – un élan alimenté par Cancer de l’ovaire Canada.
Voici un aperçu de ce que nous avons vu et entendu lors de la 12e édition de la Conférence canadienne de recherche sur le cancer de l’ovaire.
La recherche sur le dépistage précoce gagne du terrain
Le dépistage précoce du cancer de l’ovaire est un défi que de plus en plus de chercheurs tentent de relever.
Lors de la Conférence, nous avons découvert de nouvelles avenues prometteuses, qui pourraient mener à un dépistage plus précoce du cancer de l’ovaire.
Nous avons notamment été introduits à une nouvelle technologie d’imagerie permettant d’observer l’intérieur des trompes de Fallope, où plusieurs cancers de l’ovaire séreux de haut grade prennent naissance. L’appareil mis au point est assez petit pour capturer des images détaillées et recueillir des échantillons de fluides. Bien que ce projet de recherche se trouve encore aux premiers stades, il pourrait un jour nous permettre d’assurer le suivi des femmes présentant un risque élevé de cancer de l’ovaire et de dépister la maladie plus tôt.
Une autre équipe a fait état de ses progrès dans l’élaboration de mDETECTov, une analyse sanguine capable de détecter de minuscules traces d’ADN tumorale potentiellement associées au cancer de l’ovaire. Les chercheurs espèrent que ce test permette un jour de dépister le cancer de l’ovaire à un stade plus précoce que ce que les approches actuelles parviennent à faire.
Examen d’imagerie des trompes de Fallope
Le cancer séreux de haut grade, le type le plus courant de cancer de l’ovaire, commence généralement dans la trompe de Fallope et peut se propager à l’ovaire lorsque la tumeur primaire est très petite, et avant l’apparition de symptômes. La Dre Neilson et son équipe cherchent à déterminer si l’utilisation de cathéters d’imagerie peut permettre de détecter des cancers séreux de haut grade très précoces.
Détection précoce à l’aide d’une biopsie liquide mDETECT
Le Dr Mueller et son équipe ont mis au point un nouveau type de test sanguin (appelé « mDETECTov ») qui analyse les modifications de l’ADN spécifiques au cancer de l’ovaire.
Bien que du chemin reste à parcourir avant que ces technologies soient accessibles au public, elles constituent des avancées notables vers un dépistage précoce du cancer de l’ovaire, lorsque les traitements ont de meilleures chances de succès.
Vers une plus grande personnalisation des traitements
Chaque patiente est unique, et il en va de même pour chaque cancer de l’ovaire.
Plusieurs chercheurs présents à la Conférence travaillent à une plus grande personnalisation des traitements, pour mieux répondre aux besoins uniques de chaque patiente.
- L’étude COMPARE se demande si certaines patientes atteintes à la fois d’un cancer de l’ovaire et d’un cancer de l’endomètre pourraient bénéficier de traitements moins intensifs, sans compromettre les résultats.
- La Dre Jeanette Boudreau a présenté un projet de recherche sur les cellules tueuses naturelles, financé par Cancer de l’ovaire Canada. Comprendre le rôle des différentes cellules tueuses naturelles permettrait aux chercheurs de mettre au point des traitements plus ciblés, qui mobilisent le système immunitaire pour lutter contre le cancer de l’ovaire.
- Une équipe de chercheurs mise sur l’imagerie médicale pour étudier l’influence de la génétique, des cellules et de l’environnement immédiat de la tumeur sur son comportement et sa réponse au traitement.
- Nous avons appris comment différentes populations de cellules cancéreuses peuvent coexister dans une même tumeur de cancer de l’ovaire séreux de haut grade et contribuer à la résistance au traitement.
- Des chercheurs se demandent si l’analyse du code génétique complet de la tumeur (appelé séquençage du génome global) pourrait prédire l’efficacité des inhibiteurs PARP.
La recherche sur la prévention se poursuit
Certaines des percées les plus prometteuses présentées à la Conférence visent la prévention du cancer de l’ovaire.
Une équipe de chercheurs s’intéresse notamment à la salpingectomie opportuniste, soit l’ablation des trompes de Fallope dans le cadre d’une chirurgie gynécologique planifiée. Cette intervention pourrait réduire le risque de cancer de l’ovaire séreux de haut grade de 50 à 80 %. De nouveaux essais cliniques sont actuellement réalisés pour déterminer si cette chirurgie préventive pourrait être offerte de manière sécuritaire et efficace lors d’autres interventions admissibles, afin de la rendre plus largement accessible.
Pour une meilleure qualité de vie après les traitements
La recherche ne s’intéresse pas qu’à la survie, mais aussi à la vie au-delà du diagnostic.
Dans le cadre de la Conférence, des chercheurs ont présenté les résultats de l’essai clinique CALM, qui évalue l’impact d’une psychothérapie structurée sur la détresse psychologique et la qualité de vie des patientes qui viennent de recevoir un diagnostic ou sont atteintes d’une récidive de cancer de l’ovaire à un stade avancé. D’autres chercheurs mettent au point de nouvelles stratégies pour aider les patientes à gérer les effets physiques et émotionnels à long terme des traitements, notamment chez les femmes courant un risque héréditaire de cancer de l’ovaire qui ont subi une ménopause précoce après une intervention chirurgicale préventive.
Ensemble, ces projets reflètent une prise de conscience croissante qu’un meilleur pronostic repose sur davantage que des traitements efficaces. La recherche souhaite également aider les femmes à vivre pleinement, en meilleure santé, au-delà du cancer.
À titre de porte-parole national de la lutte contre le cancer de l’ovaire, Cancer de l’ovaire Canada est fière de contribuer à rassembler la grande communauté de la recherche au pays.
En encourageant la collaboration, en investissant dans la recherche et en permettant aux chercheurs, aux cliniciens et aux patientes d’apprendre les uns des autres, nous contribuons à traduire les découvertes scientifiques en avancées significatives pour toutes les personnes touchées par le cancer de l’ovaire.