Par : Traci

Le Mois de sensibilisation au cancer de l’ovaire est pour moi un événement hautement personnel.

J’ai reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire en 2018, à une époque où le cancer était la dernière chose à laquelle je pensais. Nous étions au début janvier, et toute mon attention était tournée vers ma participation prochaine au marathon de Boston.

Je ne savais trop que faire des changements que j’observais chez moi. Comme je me trouvais à l’époque au sommet de ma forme physique, j’ai présumé que ma perte de poids et mon manque d’énergie étaient simplement dus à mon entraînement intense.

Trois heures après mon échographie, mon médecin m’a appelée pour m’annoncer qu’on avait découvert un kyste de dix centimètres. Ma première préoccupation a été de me demander si je pourrais toujours prendre l’avion pour Phoenix le lendemain, où je devais participer au demi-marathon Arizona Rock ’n’ Roll. En rétrospective, je me demande à quel point ce kyste m’affectait réellement. Avait-il un impact sur ma faim et mon corps, d’une façon que je n’ai pas su reconnaître à l’époque?

Finalement, j’ai couru le demi-marathon (que j’ai terminé étonnamment vite, bien que la course fut pour moi un simple entraînement), mais rapidement, les choses se sont bousculées. Quelques semaines plus tard, j’ai subi une tomodensitométrie, et été vue en obstétrique et en gynéco-oncologie.

On m’a annoncé qu’il y avait 50 % de chances que mon kyste soit cancéreux.

Je ne me suis jamais vraiment autorisée à croire que j’avais le cancer de l’ovaire. Je me sentais somme toute très bien. Je continuais de m’entraîner, j’étais simplement un peu ballonnée, mais je pense que j’essayais de me protéger en ne sautant pas aux conclusions. Puis, la douleur m’a rapidement rattrapée.

Une semaine plus tard, on m’a retiré mon kyste – qui mesurait désormais 16 centimètres – ainsi qu’une série d’autres organes de mon abdomen : mes deux ovaires, mes deux trompes de Fallope, mon utérus, mon col de l’utérus, mon appendice et une section de mon côlon.

Lors de mon rendez-vous de suivi, j’ai appris que j’étais parmi les rares chanceuses : j’étais atteinte d’un adénocarcinome endométrioïde, un cancer à évolution lente, mais ce dernier a été dépisté au stade 1. Je n’aurais pas besoin de chimiothérapie ni de radiothérapie. J’ai découvert et vaincu mon cancer presque simultanément.

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Pendant longtemps, je n’osais pas me qualifier de survivante, parce que je n’avais pas l’impression d’avoir combattu le cancer au sens traditionnel du terme.

Traci

Il était là, puis il n’y était plus. Reconnaître à la fois ma chance et le sérieux de ce qui m’est arrivé a pris davantage de temps que ma récupération physique.

Mais avec le temps, j’ai commencé à comprendre que mon expérience vient avec la responsabilité de militer en faveur du dépistage précoce.

Si mon cancer a été attrapé tôt, c’est parce que mon médecin a pris mes symptômes au sérieux, alors que ceux-ci sont souvent ignorés, parce que considérés comme normaux chez les femmes d’un certain âge. C’est précisément le problème avec le cancer de l’ovaire : ses symptômes sont souvent discrets et faciles à normaliser. Et c’est pourquoi le taux de survie à cinq ans demeure beaucoup trop faible : la majorité des cas de cancer de l’ovaire sont diagnostiqués au stade trois ou quatre.

Le message que je souhaite transmettre à quiconque remarque des changements minimes, mais persistants est simple :

Portez attention à votre corps et faites-vous entendre.

Si quelque chose vous semble anormal, différent et persistant, consultez un professionnel de la santé. Et si vous avez l’impression qu’on ne vous prend pas au sérieux, insistez.

Le dépistage précoce peut vous sauver la vie. Comme mon cancer a été dépisté assez tôt, il a pu être éliminé par la chirurgie seule, mais ce ne sont pas toutes les femmes qui sont aussi chanceuses. Pour les nombreuses femmes qui reçoivent un diagnostic à un stade avancé, l’accès aux traitements novateurs est critique à l’amélioration de leur pronostic.

C’est pourquoi le Mois de sensibilisation au cancer de l’ovaire est si important pour moi. Ce n’est pas seulement une occasion de partager de l’information. C’est le moment parfait pour traduire la sensibilisation en action, et susciter les changements nécessaires pour transformer des vies.

Traci et son mari, Mark

Depuis 2020, mon mari Mark et moi avons recueilli plus de 150 000 $ pour Cancer de l’ovaire Canada.

Je réalise à quel point je suis chanceuse que mon cancer ait été dépisté tôt. Je sais à quel point je suis chanceuse d’avoir eu affaire à un médecin qui m’a écoutée, et accès à une chirurgie qui a pu éliminer mon cancer, sans passer par la chimiothérapie ou la radiothérapie.

En tant que communauté, nous pouvons contribuer à améliorer les taux de survie au cancer de l’ovaire en investissant dans la sensibilisation, la recherche et la revendication.

J’ai eu la chance immense de me faire dire : « Nous l’avons attrapé juste à temps. » Davantage de gens méritent d’entendre ces mêmes mots.