Les initiatives de recherche de Cancer de l’ovaire Canada adoptent une approche du laboratoire au chevet des patientes pour susciter des changements transformateurs dans le pronostic pour les personnes ayant reçu un diagnostic de cette maladie. Deux essais cliniques financés par l’organisme sont en cours. Même si leur approche et leur objet sont différents, ils visent tous les deux à explorer des traitements novateurs et des solutions faites au Canada.

L’émergence des inhibiteurs PARP (poly-ADP ribose polymérase) comme médicament de maintenance constitue une percée importante pour les personnes qui ont reçu un traitement de chimiothérapie pour un cancer de l’ovaire séreux de haut grade. Maintenant, un nouvel essai clinique étudie l’efficacité d’administrer des inhibiteurs PARP en première ligne – avant la chimiothérapie ou l’intervention chirurgicale – dans le cadre d’un traitement associant trois médicaments pour les personnes atteintes d’un cancer de l’ovaire séreux de haut grade au stade 4. Dirigé par la Dre Yvette Drew, oncologue médicale chez B.C. Cancer, l’essai Neoadjuvant Olaparib Combination Ovarian Cancer Targeted Study (NEOCATS) vise à améliorer le pronostic par un programme de traitement qui associe l’inhibiteur PARP Olaparib et le traitement d’immunothérapie Durvalumab avec Bevacizumab, un médicament qui bloque et entrave la vascularisation du cancer.

Si les résultats sont concluants, cela pourrait mener à un changement complet de paradigme dans la façon dont on traite le cancer de l’ovaire séreux de haut grade. 


Alicia Tone, PhD, gestionnaire du projet OvCAN et conseillère scientifique chez Cancer de l’ovaire Canada

« Cet essai clinique utilise une approche combinée pour ‘cibler les cibles’ dans les cellules cancéreuses dès le début du parcours de traitement de la patiente, plutôt que de la traiter d’abord par chimiothérapie », explique Alicia Tone, PhD, gestionnaire du projet OvCAN et conseillère scientifique chez Cancer de l’ovaire Canada. « Si les résultats sont concluants, cela pourrait mener à un changement complet de paradigme dans la façon dont on traite le cancer de l’ovaire séreux de haut grade. » Pour les personnes atteintes d’un cancer de l’ovaire séreux de haut grade au stade 4, les avantages d’une stratégie de traitement faisant d’abord appel à la chimiothérapie, suivie par une intervention chirurgicale, sont minimes; plusieurs personnes voient leur cancer réapparaître au bout d’à peine un an. Administrer des inhibiteurs PARP en association avec deux autres médicaments en première ligne est vraiment novateur. NEOCATS est seulement le deuxième essai clinique à évaluer le potentiel de cette approche consistant à ‘cibler les cibles’, et le premier à se concentrer exclusivement sur le cancer de l’ovaire.

« Plusieurs patientes atteintes du cancer de l’ovaire sont traitées à l’aide de chimiothérapie et d’une intervention chirurgicale, selon l’hypothèse que la chimiothérapie est très efficace chez les personnes atteintes d’un cancer séreux de haut grade, explique la Dre Tone. C’est vrai en général, sauf chez la population visée par cet essai clinique, soit les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire séreux de haut grade au stade 4. Elles ont besoin d’un meilleur traitement; la norme de soin qui est de la chimiothérapie suivie par une intervention chirurgicale pour les patientes atteintes d’un cancer séreux de haut grade au stade 4 n’est pas la référence standard actuellement. Nous avons besoin d’une nouvelle référence standard. »

L’essai clinique NEOCATS devrait débuter cet été et sera offert comme solution de rechange à la chimiothérapie aux personnes atteintes d’un cancer de l’ovaire au stade 4 qui ne sont pas admissibles à une intervention chirurgicale immédiate et qui ne sont pas porteuse d’une mutation connue des gènes BRCA.

« En nous fondant sur nos connaissances des chemins que prend le cancer séreux de haut grade pour propager les tumeurs, nous essayons de bloquer ces chemins pour que la tumeur ne puisse plus continuer à progresser, explique la Dre Tone. Malheureusement, les tumeurs sont intelligentes. Si vous bloquez seulement un chemin, beaucoup de tumeurs peuvent le contourner. Mais si vous ciblez trois chemins très importants pour la survie de la tumeur, vous contrez ces mécanismes d’évasion et vous pouvez empêcher la tumeur de se propager. »