Lors de tous les moments importants de sa vie, Ron McInnis formait une équipe avec sa femme, Carol Lee.
Ron et Carol Lee sont tombés amoureux à l’école secondaire, à l’âge de 15 ans. Au fil des décennies, ils se sont construit une vie qui les a menés un peu partout au pays en raison de la carrière de Ron : de Terre-Neuve à Winnipeg, de Calgary à Ottawa, et finalement à Niagara-on-the-Lake. Au fil des années et des déplacements, Carol Lee était le roc de la famille, aux dires de leur fille Lindsay. Peu importe où ils se trouvaient, elle parvenait à se bâtir une véritable communauté. Introvertie mariée à un extraverti, Carol Lee avait un talent naturel pour tisser des liens avec les gens.
Carol Lee et Lindsay étaient particulièrement proches. « Il émanait de ma mère une assurance douce; elle n’était jamais le centre de l’attention, mais n’avait pas peur de s’affirmer. Elle était tout ce que j’aspire à être : patiente, bienveillante, attentive… Elle vivait sa vie de façon délibérée », se rappelle Lindsay. « Elle m’a déjà dit que devenir grand-mère avait été sa plus grande joie, puisqu’elle pouvait être simplement présente pour ses petits-enfants, les aimer entièrement et librement, sans les inquiétudes constantes qui sont le lot de tout parent. Je suis infiniment reconnaissante qu’elle ait pu connaître cette joie, bien qu’elle n’ait duré qu’un trop court moment. »
Un diagnostic dévastateur
Carol Lee était en bonne santé. Elle faisait de l’exercice et mangeait sainement. Elle faisait toutes les « bonnes » choses. Lorsque ses premiers symptômes sont apparus, les médecins ont initialement cru à des problèmes digestifs mineurs, et lui ont prescrit un examen d’imagerie par résonance magnétique six semaines plus tard. Mais grâce à ses relations professionnelles, Ron a pu obtenir un examen le lendemain matin, à New York.
En après-midi, le verdict est tombé : cancer de l’ovaire.
Carol Lee a subi une intervention chirurgicale pour retirer une tumeur, suivie d’un traitement de chimiothérapie à Hamilton, en Ontario. Cet été-là, elle était de retour sur le terrain de golf, et la vie reprenait son cours presque normal.
Mais à la fin de l’été, Carol Lee et Ron ont appris que le cancer était de retour, cette fois sous une forme plus agressive.
Nous étions alors en pleine pandémie de COVID-19, et les restrictions imposées par l’hôpital signifiaient que Carol Lee pouvait uniquement parler à sa famille par visioconférence. Lorsque son pronostic s’est clarifié, au début du mois de janvier, Carol Lee et Ron ont pris la décision de cesser les traitements et d’entreprendre les soins palliatifs à domicile. Quelques semaines plus tard, le 20 janvier 2021, Carol Lee est décédée, 15 mois à peine après son diagnostic.
« Le cancer de l’ovaire ne m’a pas seulement enlevé ma mère, il a ravi une partie de nous tous : mon père, mon mari et mes enfants. Tous les membres de notre famille ont été profondément touchés par son départ, chacun à sa manière », se remémore Lindsay.
Le financement de la recherche : un outil pour offrir davantage de temps aux familles
Sans méthode de dépistage précoce ni outil de diagnostic fiable, le cancer de l’ovaire est généralement diagnostiqué à un stade avancé, lorsque les traitements sont moins efficaces.
Des familles comme les McInnis méritent davantage de temps ensemble, et c’est précisément pourquoi nous finançons des projets de recherche novateurs visant à développer des outils de dépistage précoce, comme ceux qui sont actuellement mis au point par les Dres Andrea Neilson et Jeanie Malone à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ces projets ont le potentiel d’offrir aux femmes atteintes du cancer de l’ovaire et à celles qui courent un risque de développer la maladie la ressource la plus précieuse à notre disposition : le temps.
En combinant des techniques d’imagerie évoluées capables de cibler les cellules anormales et une technologie de séquençage génétique de pointe, la Dre Nielson et son équipe fondent leur travail sur une découverte récente : la majorité des cas de cancer de l’ovaire débutent en fait dans les trompes de Fallope.
Dre Andrea Neilson
Ils ont recours à un hystéroscope doté d’une source lumineuse et d’une caméra pour examiner l’utérus, puis à un laser de faible puissance pour générer une image 3D de l’intérieur des trompes de Fallope. À l’aide d’un cathéter, ils injectent ensuite une solution saline dans les trompes de Fallope et prélèvent des cellules pour les soumettre à l’imagerie et au séquençage génétique.
En recueillant de petites quantités de matériel génétique, l’équipe de recherche souhaite détecter plus tôt la présence d’anomalies dans les trompes de Fallope, ce qui pourrait leur permettre de repérer les cellules cancéreuses avant que la maladie ne se développe.
Ce que pourrait signifier davantage de moments ensemble
« Son absence ne se fait pas seulement sentir lors des grands événements, mais aussi dans les petits moments du quotidien : les conversations et les textos échangés, son repas préféré, le son de son rire… Je me suis juré de penser à elle lors de chacun de ces moments, les grands comme les petits. Préserver sa mémoire est une magnifique façon de célébrer sa vie », poursuit Lindsay.
En racontant son histoire, Lindsay se remémore ses souvenirs les plus précieux avec sa mère – leur voyage en Thaïlande, la naissance de ses enfants – et imagine les moments qu’elle aurait souhaité partager avec elle.
Cinq ans après le décès de Carol Lee, Lindsay et sa famille ont fait un voyage dont sa mère parlait souvent. « Mon mari est sud-africain, et il était très proche de ma mère. Elle a toujours voulu visiter son pays natal. » Pour Lindsay et sa famille, ce voyage a été une expérience douce-amère : ils ont réalisé l’un des rêves de Carol Lee, sans pour autant pouvoir vivre cette expérience avec elle.
Rendre hommage à Carol Lee par l’action
Après le décès de Carol Lee, la famille McInnis a commencé à donner à Cancer de l’ovaire Canada, pour offrir à d’autres familles le temps dont ils n’ont pas pu profiter. À l’approche du cinquième anniversaire du décès de sa femme, Ron s’est demandé comment souligner ce jalon. Pas par une célébration. Et pas seulement par un hommage. Plutôt, il a décidé de passer à l’action, et a créé une collecte de fonds en son nom. En un mois, il a recueilli près de 28 000 $ auprès d’amis, d’anciens collègues et de membres des communautés que Carol Lee a créées partout au pays.
Ce qu’il retire d’abord de son expérience, c’est que la vie peut se transformer rapidement. « On ne croit jamais que ça va nous arriver, jusqu’à ce que ça nous arrive. »
En cette Journée mondiale du cancer de l’ovaire, nous agissons pour accélérer les progrès, afin que les familles n’aient plus à écourter leur histoire.
En misant sur un investissement plus généreux dans la recherche, des outils de dépistage précoce améliorés, une plus grande sensibilisation aux facteurs de risque, et un meilleur soutien pour les patientes et les professionnels de la santé, nous pouvons changer la
trajectoire de cette maladie. Nous pouvons créer un futur où les femmes obtiennent un diagnostic plus tôt, reçoivent des traitements plus efficaces, et profitent de davantage de temps avec leurs proches.
Donnez aujourd’hui pour vous joindre à notre mouvement. Ensemble, nous pouvons offrir à chaque famille davantage de temps pour profiter de la vie.