Oui, il existe des façons de prévenir le cancer de l’endomètre, tout particulièrement pour les personnes porteuses d’une mutation génétique héréditaire associée à la maladie.

Dans ce contexte, on entend par prévention les gestes pouvant être posés pour réduire les chances qu’un cancer se développe. La prévention débute par une compréhension des facteurs de risque et de protection.

Quels sont les facteurs de risque du cancer de l’endomètre?

Les facteurs de risque du cancer de l’endomètre peuvent être divisés en quatre catégories :

  • Obésité: L’obésité constitue le facteur de risque le plus important, puisqu’elle entraîne une augmentation des niveaux d’œstrogène sans qu’ils soient équilibrés par des niveaux suffisants de progestérone (on parle alors d’« œstrogène sans opposition »). Ce déséquilibre stimule la paroi utérine, ce qui risque d’entraîner la croissance de cellules cancéreuses. L’obésité est liée à plus de 40 % des cas de cancer de l’endomètre, et le risque de développer le cancer de l’endomètre est de 10 % à 15 % supérieur chez les femmes qui ont un indice de masse corporelle (IMC) de plus de 40.
  • Facteurs reproductifs et métaboliques:
    • Les femmes qui présentent des niveaux d’œstrogène élevés sur une période prolongée courent un risque accru de développer le cancer de l’endomètre. C’est notamment le cas des femmes qui n’ont jamais été enceintes, qui ont des règles irrégulières ou qui sont ménopausées plus tardivement.
    • Le diabète de type 2 et le syndrome des ovaires polykystiques augmentent également le risque de cancer de l’endomètre, puisque ces deux conditions ont une incidence sur les taux d’hormones, et tout particulièrement de l’œstrogène et de l’insuline, qui stimulent la croissance excessive de l’endomètre.
    • Certains médicaments qui ont un effet semblable à celui de l’œstrogène sur l’utérus, notamment le Tamoxifen, peuvent également augmenter les risques de cancer de l’endomètre. Les femmes qui prennent du Tamoxifen présentent un risque jusqu’à quatre fois plus élevé de développer le cancer de l’endomètre.
  • Facteurs génétiques: Le syndrome de Lynch augmente jusqu’à 50 % le risque de cancer de l’endomètre (apprenez-en plus sur le syndrome de Lynch ci-dessous). De plus, les risques sont doublés chez les femmes qui ont une parente au premier degré qui a eu le cancer de l’endomètre.
  • Âge: Le risque de cancer de l’endomètre augmente après 50 ans.

Qu’est-ce que le syndrome de Lynch?

Le syndrome de Lynch, également connu sous le nom de cancer colorectal héréditaire sans polypose, est une maladie héréditaire qui augmente le risque de certains types de cancer à un plus jeune âge, notamment de cancer de l’endomètre, de cancer de l’ovaire et de cancer colorectal. Des mutations des gènes MLH1, MSH2, MSH6, PMS2 et EPCAM sont associées au syndrome de Lynch.

Une personne atteinte du syndrome de Lynch présentera jusqu’à 50 % plus de risque de développer le cancer de l’endomètre au courant de sa vie.

Les femmes les plus susceptibles d’être atteintes du syndrome de Lynch sont celles qui comptent :

  • trois parents ou plus atteints d’un cancer lié au syndrome de Lynch, dont l’un est un parent au premier degré (père, mère, frère, sœur ou enfant) des deux autres;
  • au moins deux générations atteintes de cancer (comme un parent et un enfant); et
  • un ou plusieurs cas de cancer diagnostiqués avant l’âge de 50 ans.

Si vous avez reçu un diagnostic de cancer de l’endomètre, il est important de discuter avec votre médecin de la possibilité que vous soyez atteinte du syndrome de Lynch afin d’évaluer votre risque d’autres cancers, y compris du cancer de l’ovaire et du cancer colorectal.

Si vous êtes atteinte du syndrome de Lynch, informez les membres de votre famille biologique pour qu’ils sachent qu’ils courent également un risque. Cela leur donnera l’occasion de passer des tests génétiques et de prendre des mesures préventives, au besoin.

Comment puis-je réduire mon risque de développer le cancer de l’endomètre?

Compte tenu des facteurs de risque décrits ci-dessus, certaines stratégies existent pour réduire son risque de cancer de l’endomètre, notamment :

  • La prévention du diabète de type 2: Maintenez un poids santé, faites régulièrement de l’exercice et mangez sainement. Pour davantage de soutien et de stratégies, parlez à votre médecin.
  • L’exposition à la progestérone: La progestérone aide à équilibrer l’œstrogène et à prévenir la croissance excessive de la paroi utérine. La progestérone est produite naturellement par le corps lors des cycles menstruels et de la grossesse, et peut également être administrée sous forme de médicaments, comme la pilule contraceptive ou le stérilet avec hormones.
  • L’hystérectomie préventive: L’ablation chirurgicale de l’utérus permet de prévenir le cancer de l’endomètre chez les femmes atteintes du syndrome de Lynch qui n’envisagent pas de grossesse à l’avenir. Dans le cadre de cette intervention, les deux ovaires et les trompes de Fallope sont également retirés, ce qui réduit considérablement le risque de cancer de l’ovaire. Cette intervention chirurgicale s’appelle l’hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale.

Cette information a été élaborée en consultation avec d’éminents gynécologues oncologues canadiens et revue par Alicia Tone, Ph. D.

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