Le cancer de l’endomètre est souvent traité par une intervention chirurgicale, en combinaison avec d’autres options de traitement, notamment la chimiothérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie et les thérapies ciblées (des traitements qui s’attaquent précisément aux cellules cancéreuses en évitant le reste du corps). Les traitements du cancer de l’endomètre peuvent également varier selon l’hôpital et l’équipe soignante.
Votre plan de traitement unique dépendra de plusieurs facteurs, notamment :
- le stade de votre cancer;
- le grade de votre cancer;
- l’histotype ou le sous-type moléculaire de votre cancer (le type de cellules cancéreuses qui composent le cancer ou les caractéristiques génétiques du cancer);
- votre âge et votre état de santé générale; et
- vos objectifs en matière de fertilité, le cas échéant.
Avant d’élaborer le plan de traitement, un·e pathologiste observera les tissus cancéreux au microscope pour comprendre le type de cancer de l’endomètre et en mesurer l’agressivité et la propagation. Des analyses moléculaires seront également réalisées, notamment pour vérifier la présence de certaines protéines ou de modifications de l’ADN. Cette information aide les médecins à comprendre :
- si la chirurgie à elle seule pourrait suffire pour traiter le cancer de l’endomètre;
- si des traitements supplémentaires sont requis; et
- quels sont les risques de propagation ou de récidive du cancer.
Le traitement chirurgical du cancer de l’endomètre
La chirurgie est la première étape pour traiter la majorité des cancers de l’endomètre. Les options chirurgicales peuvent parfois être ajustées selon l’âge, l’état de santé générale et les souhaits de la patiente :
- Chez les patientes plus jeunes atteintes d’un précancer ou d’un cancer à un stade précoce, on peut choisir de conserver les ovaires pour prévenir une ménopause précoce. Ce choix peut cependant augmenter légèrement les chances d’une récidive.
- Chez les femmes qui souhaitent avoir des enfants, la chirurgie peut être retardée en faveur d’autres traitements, notamment l’hormonothérapie (progestérone).
- Si l’intervention chirurgicale est jugée dangereuse en raison d’autres problèmes de santé, des traitements tels que la radiothérapie ou l’hormonothérapie pourraient être privilégiés.
Qui réalise l’intervention chirurgicale?
L’opération devrait être réalisée par un·e chirurgien·ne gynécologique.
Selon le rapport de pathologie, un·e gynécologue-oncologue (spécialiste des cancers de l’appareil génital féminin) décidera si une biopsie des ganglions lymphatiques ou une opération plus complexe sont de mise.
En quoi consiste le traitement chirurgical du cancer de l’endomètre?
L’intervention chirurgicale peut faire appel à des techniques à effraction minimale (peu invasives), comme la laparoscopie ou la chirurgie robotisée, ou encore à une incision de l’abdomen (laparotomie).
Dans la majorité des cas, on procède à l’ablation de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires, ce qu’on appelle une hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale. Le chirurgien ou la chirurgienne pourrait aussi enlever les ganglions lymphatiques de la région pelvienne ou situés près de l’aorte (l’artère principale du corps) pour voir si le cancer s’est propagé. Parfois, d’autres échantillons de tissus, notamment un échantillon de l’omentum (la couche de graisse qui recouvre la portion supérieure de l’abdomen), sont retirés à la recherche de signes de cancer. Tous les échantillons prélevés sont ensuite étudiés attentivement au microscope par un·e pathologiste.
Qu’arrive-t-il après le traitement chirurgical du cancer de l’endomètre?
Après la chirurgie, un·e membre de l’équipe soignante explique à la patiente le déroulement de l’intervention, notamment quels tissus ont été retirés, et on lui présente les résultats du rapport de pathologie, qui précise le type, le stade, le grade et le sous-type moléculaire du cancer. Selon ces résultats, des traitements supplémentaires peuvent être suggérés.
Pour plusieurs patientes, aucun traitement supplémentaire n’est requis après la chirurgie, puisque le cancer a été dépisté à un stade précoce, lorsque la probabilité de récidive est faible.
La radiothérapie est-elle utilisée pour traiter le cancer de l’endomètre?
La radiothérapie peut être utilisée comme traitement postopératoire du cancer de l’endomètre. Cette technique fait appel à une dose très élevée de radiations hautement localisées pour détruire les cellules cancéreuses et endommager leur ADN afin qu’elles ne puissent plus se diviser et se développer. Il s’agit d’une approche différente de la chimiothérapie, qui vise plutôt à détruire les cellules cancéreuses de manière généralisée, partout dans le corps.
Comment administre-t-on la radiothérapie pour traiter le cancer de l’endomètre?
La radiothérapie est administrée de deux façons principales :
- Radiothérapie interne (curiethérapie) : Un petit tube contenant une substance radioactive est inséré dans le vagin, près de la source du cancer, et est retiré après quelques minutes.
- Radiothérapie externe : Un appareil externe émet un faisceau de radiations qui vise la tumeur. Cette technique est semblable à la radiographie.
Parfois, ces deux techniques sont combinées. Dans la majorité des cas, on procède d’abord à la radiothérapie externe, puis à la curiethérapie.
Le type de radiations et les zones à traiter dépendent du stade (l’étendue de la propagation du cancer) et du grade (l’apparence des cellules cancéreuses au microscope) du cancer.
Quels sont les effets secondaires de la radiothérapie?
Les effets secondaires de la radiothérapie comprennent :
- Fatigue
- Rougeur légère ou sensibilité de la peau
- Perte d’appétit
- Perte des poils de la région pelvienne
- Nausée et vomissements
- Diarrhée ou constipation
- Gaz
- Problèmes de vessie (besoin fréquent d’uriner, inconfort, saignements)
- Ménopause induite par le traitement
- Irritation vaginale
- Faible numération globulaire
- Troubles sexuels
Ces effets secondaires s’estompent généralement une fois la radiothérapie terminée.
La chimiothérapie est-elle utilisée pour traiter le cancer de l’endomètre?
On a souvent recours à la chimiothérapie pour traiter le cancer de l’endomètre, généralement après la chirurgie, mais parfois avant celle-ci. La chimiothérapie qualifie l’administration intraveineuse ou orale d’un médicament pour détruire les cellules cancéreuses dans l’ensemble du corps. Elle diffère de la radiothérapie, qui cible plutôt une région anatomique précise. En ce sens, la chimiothérapie est considérée comme un traitement systémique. Il existe plusieurs protocoles de chimiothérapie différents pour le cancer de l’endomètre.
Quand utilise-t-on la chimiothérapie pour traiter le cancer de l’endomètre?
- La chimiothérapie est utilisée comme traitement des cancers de l’endomètre de stade avancé ou particulièrement agressifs, généralement en complément d’une intervention chirurgicale.
- Lorsqu’elle est administrée après une opération (on parle alors de chimiothérapie adjuvante), elle vise à détruire toute trace de cellules cancéreuses restantes et est souvent combinée à la radiothérapie.
- La chimiothérapie administrée avant une opération (appelée chimiothérapie néoadjuvante) réduit la taille de la tumeur et draine les accumulations de fluides (les ascites), ce qui facilite l’élimination du cancer pendant la chirurgie ou son traitement par radiothérapie.
Quels médicaments de chimiothérapie utilise-t-on pour traiter le cancer de l’endomètre?
On utilise normalement une combinaison de deux médicaments de chimiothérapie : le carboplatine et le paclitaxel, qui sont administrés par voie intraveineuse (IV) pour pouvoir circuler dans le sang.
Quels sont les autres traitements du cancer de l’endomètre?
L’hormonothérapie peut être utilisée pour traiter certains cancers de l’endomètre. Elle est particulièrement efficace pour les carcinomes NSMP (sans profil moléculaire spécifique) et les carcinomes à récepteurs d’œstrogène positifs. L’hormone la plus fréquemment utilisée est la progestérone, qui est administrée par voie orale ou à l’aide d’un dispositif intra-utérin. On a généralement recours à l’hormonothérapie dans les situations suivantes :
- chez les patientes plus jeunes, qui souhaitent protéger leur fertilité et conserver leur utérus;
- en présence d’un cancer à un stade avancé (stade III ou IV);
- en présence d’une récidive; ou
- chez les patientes atteintes d’un cancer de stade précoce qui ne peuvent subir une intervention chirurgicale pour des raisons de santé.
L’immunothérapie et les thérapies ciblées sont des traitements plus récents recommandés pour certains cancers de l’endomètre. Ils sont principalement administrés par voie intraveineuse, mais peuvent également être administrés par voie orale. Ils se concentrent sur une caractéristique précise du cancer. La pertinence de leur utilisation dépend de la classification moléculaire du cancer.
Qu’arrive-t-il après le traitement du cancer de l’endomètre?
Les examens et les traitements de suivi varient. Les patientes rencontrent régulièrement leur médecin pour :
- évaluer leur réaction aux traitements;
- déceler et traiter immédiatement toute complication en lien avec le traitement; et
- surveiller la récidive du cancer.
La fréquence des rendez-vous de suivi peut varier en fonction de la situation particulière de la patiente, mais suivra en général le modèle suivant :
- Années 1 et 2 : tous les 3 à 5 mois
- Années 3 à 5 : tous les 6 mois
- Années 5 et plus : une fois par année
Une fois le traitement terminé, certaines patientes, craignant une récidive, éprouvent des sentiments d’insécurité, de solitude et de responsabilité accrue envers leur propre santé. Les femmes qui vivent des inquiétudes ou de l’anxiété sont invitées à consulter nos ressources et nos services de soutien.
Cette information a été élaborée en consultation avec d’éminents gynécologues oncologues canadiens et revue par Alicia Tone, Ph. D.
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