Le cancer de l’endomètre est la forme la plus courante du cancer de l’utérus; il représente environ 95 % de tous les cas.
Le cancer de l’endomètre se développe dans la paroi interne de l’utérus, appelée endomètre. Environ 8 800 Canadiennes reçoivent un diagnostic de cancer de l’endomètre chaque année, ce qui en fait le cancer gynécologique le plus fréquent au pays.
Lisez l’étude de cas de l’Institute d’économie de la santé (IHE) sur le cancer de l’endomètre au Canada
Quels sont les types de cancer de l’endomètre?
Il existe plusieurs types de cancer de l’endomètre. Ceux-ci peuvent être classifiés par stade, par grade, par histotype (le type de cellules qui composent le cancer) et par sous-type moléculaire (les changements génétiques propres au cancer).
Le cancer de l’endomètre peut-il se propager?
Le cancer de l’endomètre peut se propager à d’autres tissus. Les médecins ont recours à la stadification chirurgicale traditionnelle pour mesurer l’étendue de la maladie.
Stadification
La stadification chirurgicale implique généralement le retrait de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires, ainsi que l’examen des ganglions lymphatiques voisins et le prélèvement d’échantillons de tissus (biopsie). Après l’intervention chirurgicale, une pathologiste examine les tissus prélevés pour établir le stade du cancer, qui va du stade I (le cancer est circonscrit à l’utérus) au stade IV (le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps). Ces stades sont divisés en sous-stades, qui offrent encore plus de détails sur la propagation du cancer.
Les stades du cancer de l’endomètre
- Stade I – Le cancer est limité à l’utérus. Les sous-stades (IA, IB) décrivent la profondeur de la croissance de la tumeur dans la paroi utérine.
- Stade II – Le cancer demeure dans l’utérus, mais s’est également propagé dans le col (la partie inférieure de l’utérus).
- Stade III – Le cancer s’est propagé hors de l’utérus et de son col, mais reste limité à la zone pelvienne, ou aux ganglions lymphatiques pelviens ou abdominaux. Les cellules cancéreuses pourraient avoir atteint la paroi externe de l’utérus, les ovaires, les trompes de Fallope, le vagin ou les ganglions lymphatiques voisins.
- Stade IV – Le cancer a atteint les organes voisins, notamment la vessie ou les intestins, ou éloignés, notamment les poumons ou le foie.
Les grades du cancer de l’endomètre
Le grade compare l’apparence des cellules cancéreuses à celle de cellules saines, et précise à quel point ces cellules anormales sont susceptibles de croître ou de se propager. Plus une cellule cancéreuse ressemble à une cellule normale, plus elle se comporte comme tel et plus sa croissance devrait être lente. La gradation décrit également la densité des glandes de l’endomètre. La paroi de l’utérus est composée de minuscules structures semblables à des glandes. Dans les tissus sains, ces glandes sont espacées, mais en présence d’un cancer, elles ont tendance à s’entasser et paraissent plus denses.
- Grade 1 (bas grade) : Les cellules semblent relativement normales et sont légèrement entassées. Les cancers de bas grade ont tendance à évoluer lentement et risquent moins de se propager à d’autres tissus.
- Grade 2 (grade intermédiaire) : Les cellules sont plus denses et semblent légèrement anormales, mais se comportent souvent comme des tumeurs de bas grade.
- Grade 3 (haut grade) : Les cellules paraissent très anormales et forment des couches compactes de cellules tumorales plutôt que des structures glandulaires normales. Ces cancers sont plus susceptibles de se propager ou de réapparaître après le traitement.
Histotype
L’histotype décrit le type de cancer de l’endomètre selon l’apparence de la tumeur au microscope.
Les histotypes du cancer de l’endomètre
- Endométrioïde : Type de cancer de l’endomètre le plus commun (plus de 70 % des cas), l’endométrioïde peut être de grade 1, 2 ou 3.
- Autres types : Les autres types comprennent le carcinome séreux, le carcinome à cellules claires, le carcinosarcome, le carcinome dédifférencié/indifférencié, l’adénocarcinome de type mésonéphroïde et le carcinome de type gastrique. Ces types de cancer moins communs sont habituellement associés à un grade élevé (grade 3).
Classification moléculaire
Le sous-type moléculaire permet de regrouper les cancers selon les caractéristiques génétiques et biologiques de la tumeur. Connaître le sous-type aide les médecins à prévoir les risques de récidive (la réapparition du cancer après le traitement) et à cibler le traitement le plus efficace. Les quatre sous-types moléculaires du cancer de l’endomètre sont :
- Carcinome de l’endomètre POLEmut: Ce sous-type de cancer présente une mutation d’un gène appelé POLE. Bien qu’il semble souvent agressif au microscope, il est associé à un excellent pronostic et peut souvent être traité par la chirurgie seule, sans recours à la chimiothérapie ou à la radiothérapie.
- Carcinome de l’endomètre MMRd (déficit de la réparation des mésappariements) : Ce sous-type de cancer apparaît lorsque le « système de réparation de l’ADN » est déréglé. Des erreurs surviennent lorsque l’ADN se réplique et s’accumulent au fil du temps, ce qui favorise la croissance du cancer. Le carcinome MMRd peut être lié à une condition génétique appelée syndrome de Lynch. Il est associé à un taux de récidive modéré, soit plus élevé que pour les cancers POLEmut, mais plus faible que pour les cancers p53abn (décrits ci-dessous). Les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre MMRd répondent généralement bien à l’immunothérapie, un traitement qui aide le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses.
- Carcinome de l’endomètre p53abn : Ce type de cancer présente une anomalie de l’expression de la protéine p53 ou une mutation du gène TP53, qui contribuent au contrôle de la croissance et de la division des cellules. Lorsque ce gène ne fonctionne pas normalement, le cancer peut croître et se propager plus rapidement. C’est pourquoi les cancers p53abn sont généralement plus agressifs, et pourraient nécessiter des traitements plus intensifs et des interventions chirurgicales plus poussées.
- Carcinome de l’endomètre NSMP (sans profil moléculaire précis) : Ce carcinome ne présente aucun des changements observés dans les autres sous-types moléculaires : aucune mutation du gène POLE, aucun déficit de la réparation des mésappariements, ni aucune anormalité du gène TP53. Il est associé à un taux de récidive moyen, semblable à celui du carcinome MMRd. En présence de ce type de cancer, les médecins pourraient procéder à l’analyse des récepteurs d’œstrogène : des récepteurs positifs (ER+) signifient que les cellules cancéreuses répondent à l’œstrogène, tandis que des récepteurs négatifs (ER-) indiquent le contraire. Cette information peut aider à orienter les décisions de traitement. Par exemple, les cancers ER+ répondent souvent à l’hormonothérapie, tandis que les cancers ER- sont généralement plus agressifs et pourraient nécessiter des traitements supplémentaires, notamment la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Ces informations ont été élaborées en consultation avec d’éminents oncologues gynécologues canadiens et révisées par Alicia Tone, Ph. D.
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Comment traite-t-on le cancer de l’endomètre?
Le cancer de l’endomètre est souvent traité par une intervention chirurgicale, en combinaison avec d’autres options de traitement.
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